22 Août 2015
Ils ont été nombreux à qualifier les actes de la bande à Mpuila, Kalonzo, Kiringa, Mpoyi, Kabalu, Nsenda, Muntuntu...des simples erreurs humaines qui cessent de fonctionner quand elles entendent des appels à la raison. Antoine Richard Kapeta en a aussi lancé un il y a quelques jours. A-t-il été entendu ? - Lisons d'abord cette lettre. La suivante, l'un de ces quatre matins. (Richard Babadi)
De la polémique à l'UDPS
Ce qui est dégoûtant aujourd'hui dans tout ce qui se passe mes chers amis, c'est de voir avec la mort dans l'âme, combien un débat soi-disant essentiellement UDPS, se déchaîner avec extrême virulence, sur des tribunes publiques, alors que la retenue, la modération et surtout la recherche d'un cadre approprié auraient servi d'ingrédients pour la résolution de n'importe quel différent qui nous oppose.
La question primordiale reste surtout celle de savoir à qui
profite cette empoignade nauséabonde, où les insultent
rivalisent avec les dénigrements sans pareil?
L'UDPS comme n'importe quel autre parti dans le monde a
son histoire, à travers laquelle on sait lire ses échecs mais aussi bien ses lettres de noblesse.
Cependant, tous les vrais UDPSIENS, alors les vrais, en dépit de leurs divergences d'opinion, aussi graves soient-elles devraient s'employer à œuvrer pour un noble objectif commun qui est celui de la conquête du pouvoir. Mais quel pouvoir peut-on conquérir dans une atmosphère aggravée des divisions? A l'allure où l'on se dénude sur la place publique, sauf si l'on est naïf, il en restera certainement des séquelles trop difficiles à guérir.
Nous voulons tout simplement apporter un ton d'apaisement
sans arrière-pensée, mais avec le pressentiment que toutes les parties en présence sont sincèrement UDPS, et que leur
implication dans ces empoignades sans ménagement se
préoccupe plus de la bonne santé du parti. Et là, il faut prendre de la hauteur pour garder sa dignité.
Je trouve vraiment contradictoire que l'on s'inscrive dans une
dialectique de la recherche d'une solution lorsqu’on crée encore davantage d'autres problèmes, ce qui serait à mon avis, soutenir une chose et son contraire à la fois.
S'il y a aujourd'hui des vrais UDPS ambitieux de briguer des
responsabilités au sein du parti, qu'ils le fassent au-devant du comptoir. Jusqu'à preuve du contraire, les choses devraient se passer au sein du parti selon les vraies règles de l'art.
Allez-vous me dire qu’il s’agit d’une lutte au leadership? Si tel
est le cas, il est clair que nous avons besoin des hommes et
des femmes capables de nous faire rêver, qu'ils se dévoilent
clairement et qu’ils prouvent leur sens élevé de leadership
dans leur comportement avec dignité. C’est sans l’ombre d’aucun doute, il y a énormément du travail à faire à l'UDPS.
Nous avons besoin des individus de poigne, qu'ils soient pygmées ou bantu, fils du paysan ou d'ouvrier, riche ou pauvre, sorti de la famille du roi ou de celle de l’esclave, pourvu bien entendu qu'ils soient des métaux rares, capables d'affronter vents et marrées, et de nous amener jusqu'au sommet de la montagne. Qui accepterait que l’on mette de la nourriture dans une bouche qui n'a pas de dents?
Qu’est-ce qu’elle va en faire? Un vrai aspirant au leadership doit avoir le courage d’annoncer haut et fort ses ambitions et de s’apprêter aux règles qu’offrent le parti.
Le discours-débat du genre qui bouillit aujourd'hui sous le
label UDPS, sauf mauvaise foi ou cécité politique, il est ostentatoirement à tous les égards nuisible pour notre alma mater.
Je m’adresse à vous les belligérants de tout bord : Que l'on ne prétende jamais servir la cause d’UDPS, lorsque les faits et gestes démontrent sans ambiguïté que l'objectif qu'on s'assigne est de mettre du feu à la case.
Votre débordante énergie ne devrait-elle pas servir à tirer des
boulets rouges sur le pouvoir usurpateur de Kinshasa?
Y a-t-il de doute que le pouvoir de Kabila nous a infiltrés et
qu’il a réussi à nous empêcher de demeurer maître des enjeux politiques majeurs sur lesquels notre attention devait être focalisée? La stratégie kabiliste de manipulation et d’infiltration est en marche en nous ramenant loin du débat sur la conquête du pouvoir.
Nous voilà maintenant concentrés sur des thèmes polémiques qui nous divisent, c'est cela la stratégie de division. C’est le principe de distraire pour régner. Voilà que nous donnons sans peut-être le savoir, le temps de répit au pouvoir, en sommes-nous conscients?
Dans leur camp, ils festoient, c’est vrai. Savez-vous qu’en nous divisant, cela se répercute sur notre base? Toujours distraire, tel est le mot d’ordre du pouvoir que nous combattons.
Pourquoi faire de notre parti l’objet de raillerie? C’est en fait ce que le pouvoir kabilien avait tant recherché, il a gagné son pari.
Au bout de compte, que les uns et les autres sachent que
l’heure est grave, le choix devra être fait, et il incombe à chacun: soit maintenir le cap avec l’UDPS comme le fer de lance pour le combat politique dans le pays, ou le noyer en lui imposant un recul par des querelles intestines et puériles
De mon point de vue, je pense qu’Il y a mille et une façons
propres d’engager un vrai débat au sein d’un parti politique et d’en sortir tous ragaillardis. On ne peut pas aimer les œufs, en même temps étrangler la poule pondeuse.
J’aime l’UDPS, c’est mon seul parti. Ce parti a un chef : il
s’appelle Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Compte tenu des enjeux politiques cruciaux de l’heure, je me refuse de porter
ombrage à toute action du parti par des polémiques
déstabilisatrices, et encore moins je refuse d’agir à l’instar de cette femme biblique qui demanda au roi Salomon de couper le bébé de la discorde en deux.
Conseil gratuit d'un combattant de l'UDPS
Richard Antoine Kapeta
Professeur à l'École St Rose of Lima /Calgary/Alberta