Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LA RDC ET SON HISTOIRE : QUE DES RENDEZ-VOUS MANQUES !

On ne rate pas son 1er rendez-vous avec l’histoire pour rater tous les autres qui vont suivre. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé à la RDC et qui, au vu du spectacle qu’on ne cesse de nous présenter, risque encore d’arriver.

1. Monseigneur Desmond Tutu aurait pu dire :"Hier, quand les belges sont venus au Congo, ils avaient la bible et les congolais avaient leurs terres. Les belges ont dit aux congolais :«Prions». Les congolais ont baissé les fronts et fermé les yeux. Quand ils ont redressé les fronts et rouvert les yeux, les congolais avaient la bible en mains, tandis que les belges avaient pris possession des richesses issues des terres congolaises."

Après quelques décennies, convaincus que les congolais avaient bien appris dans la bible - et à la lettre - que "tout pouvoir vient de Dieu", les belges construisirent deux tables rondes : l’une politique et l’autre économique. Dans un premier temps, ils entraînèrent les congolais vers la table ronde politique, truffée de pièges et de fruits amers en tous genres. Alors qu’on attendait un deuxième round, les belges gardèrent par devers eux la table ronde économique avec ses fruits juteux.

"Trompe-moi une fois, honte à toi ; trompe-moi deux fois, honte à moi."

Satisfaits du travail bien fait - celui d’avoir trompé deux fois les congolais en les plongeant dans des bassins de merde - les belges partirent et laissèrent les congolais dans la honte.

Confus et perturbés, les congolais iront chercher "la paix au prix du pain". L’unité territoriale, ce pain légué par les belges et qu’ils ne devraient, pour rien au monde, ni vendre, ni troquer était en miettes. Comme un malheur ne vient jamais seul, les congolais finirent par tomber sur un marchand sans scrupule, le Maréchal Mobutu, lequel tenait au beurre (l’unité dans la paix), à l’argent du beurre (le pain), et même au sourire et au cul de la crémière (la liberté du congolais).

N’ayant pas confiance en eux-mêmes et surtout pas à ceux qui leur rabâchaient les oreilles avec le "prenez-vous en charge" souvent mal compris, les congolais vont céder au chant des sirènes de la libération que les aventuriers de l’AFDL et leurs rejetons putatifs (CPP-PPRD-MP) leur jouaient.

2. Mais rien n’y fit et nous revoici donc aujourd’hui, comme hier, embarqués dans la même galère.

Les jours passent, le monde change et se développe, mais les congolais eux, restent les mêmes, avec toutes leurs tares et malpropretés morales et politiques toutes intactes.

Leurs "hauts faits" politiques nous renvoient bizarrement à 25 ans en arrière, précisément aux années 1992-1997 :

- Si hier on a vu Mobutu, Nguz, Mungul Diaka, Birindwa et Kengo à la primature, Seti et le CND, Nzimbi avec la DSP, Baramoto avec la Garde civile, Bolozi et le Renseignement militaire, Ngbanda et ses hiboux et autres mobutistes torpiller les résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (la CNS), aujourd’hui on voit Kabila et ses collabos Mende, Atundu, Badibanga, Tshibala, olengha nkoy et autres oisillons malpropres marcher, "na nko", sur l’Accord de la Saint Sylvestre.

- Hier on a vu Mobutu et ses mobutistes s’accrocher au pouvoir, semer la terreur dans la population, tuer et tout faire pour que l’opposition/l’UDPS n’accède pas à la primature, aujourd’hui on voit Kabila et ses collabos arrêter, tuer, "glisser" et refuser de céder la primature à l’UDPS comme prévu à la Saint Sylvestre.

- Hier, on a vu Mgr. Monsengwo, avec sa fameuse 3è voie qui a donné le pouvoir au dinosaure Léon Lobich alias Kengo wa Dondo, aujourd’hui on voit encore les congolais, non seulement "djaléoïser" le dinosaure Mos Soriano D’Agnano alias Moïse Katumbi Chapwe, mais aussi chercher à confier la transition à la même personne de Monsengwo. 

De la même manière qu’on a vu les congolais abandonner les "toyebi ndako" et autres "prenez-vous en charge" pour céder au chant des sirènes de la libération chère au conglomérat des aventuriers de l’AFDL, c’est de la même manière qu’on les voit aujourd’hui abandonner les "ingeta, lumbelumbe, mwetemwete, likambo ya mabele, l’article 64 et combattants jusqu’à la mort" pour nous rabâcher les oreilles avec leur : "Macron a dit, Herman Cohen said, Botwana said, Angola disse, Katumbi alisema, Dokolo munu ke tuba..."

3. Et, cerise sur le gâteau, on les voit encore, fins comme Gribouille (qui se jette dans l’eau par crainte de la pluie) et zoba comme le Ngando (akimi mbula na mokili, akoti na mayi ya ebale), chanter et danser à la gloire de JP Bemba, dont on dit qu’il est le seul à pouvoir tenir tête à Kabila. Et pourtant, quoique lavé des accusations de la CPI, la relaxe de JP Bemba est tout aussi suspecte que sa condamnation, d’autant qu’il est toujours accusé de subornation de témoins dans cette même affaire. Les sources bien informées parlent de la manipulation de l’Occident et de l’ancien Sous-Secrétaire d’Etat américain chargé des affaires africaines, Herman Cohen, pour faire accepter l’homme qui a une fois de plus accepté l’inacceptable aux congolais.

Quelle mémoire ont-ils ces compatriotes ? Ils ont oublié que ce même Bemba :

(1) a tué pour le compte de Museveni, des milliers de ses compatriotes pour le contrôle de Kisangani en 1999 et en 2000 dans des guerres perdues contre Kagame, lequel utilisait le RCD de triste mémoire ;

(2) a semé la mort depuis son entrée au Congo par la frontière ougandaise, d’abord en Ituri où persistent les soupçons des meurtres et cannibalisme sur les pygmées de Mambasa – d’où l’expression "effacer le tableau" - et ensuite dans les Uélés, dans les Ubanguis et dans le reste de l’Equateur congolais ;

(3) avait tourné le dos aux autres forces politiques congolaises pour signer un partenariat exclusif avec Kabila en 2003 - Accord personnel dit de l’hôtel Cascades – pour la formation d’un gouvernement pourtant censé être d’union nationale d’après-guerre ;

(4) n’avait pas hésité à recourir aux armes en 2005 pour faire taire les combattants de l’UDPS qui réclamaient le respect de l’Accord de Sun City ;

(5) n’avait pas hésité à tuer aussi les kinois lors de ses deux guerres – encore perdues - contre le criminel de Kabila ;

(6) n’avait ni su, ni pu, ni voulu ou souhaité plaider le sort des troupes sous son commandement, lors de son départ en exil au Portugal et ensuite en Belgique et avant son transfert à la CPI à la Haye. Certains de ses militaires et officiers en fuite ont été massacrés sauvagement par les troupes de Kabila, laissant derrière eux des femmes éplorées et des orphelins sans repères. Lesquels iront augmenter le lot de "Milaso" et de "Kuluna" à Kinshasa.

4. Prière du congolais.

Ô ciel, que t’avons-nous fait ? - Quel est ce pêché-là que nous avons commis et qui ne peut être absous, pour que tu nous donnes comme compatriotes de tels individus ?

Des applaudisseurs invétérés, des médiocres impénitents et des fieffés pervers qui, si rien n’est fait pour les stopper, vont encore nous faire rater un autre rendez-vous avec l’histoire en ouvrant un autre boulevard pour un troisième larron, comme ils l’ont fait pour le conglomérat des aventuriers de l’AFDL et leurs rejetons putatifs (CPP-PPRD-MP).

5. En guise de conclusion.

C’est ici le lieu de dire avec Jean-Claude Katende de l’ASADHO, que l’heure du renouvellement de la classe politique a sonné. Pour cela, dit ce défenseur des droits de l’homme, nous devons mener la guerre en utilisant comme armes, d’abord des campagnes de dénonciation et ensuite, si élections il y a, le vote sanction à l’égard de :

- seigneurs de guerre qui ont fait la guerre à la république et semer gratuitement la mort pour leur soif du pouvoir ;

- mobutistes mués en ngbandistes ;

- mobutistes reconvertis en kabilistes ;

- tous les blanchis du mobutisme et du kabilisme qui sont rentrés chez Kabila ;

- tous les cantonniers et autres ouvreurs des boulevards aux aventuriers ;

- affairistes, traîtres de la RDC et criminels de tout genre.

Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article