13 Février 2017
| UN BON TSHISEKEDI N'EST-IL QU'UN TSHISEKEDI MORT ? |
«Moto soki akufi, akomi moto malamu» (Des morts on ne dit que du bien)
«Kosa okufa, omona ba oyo bayinaka yo» (Fais semblant d’être mort, et tu découvriras tes ennemis)
Que dire d’autre si ce n’est pas confirmer que chaque culture a toujours été riche en expressions.
Mais la force d’une expression ce n’est ni dans la beauté de ses mots, ni dans le chatouillement de nos oreilles, mais plutôt dans sa vertu de conscientiser, de moraliser, d’harmoniser le quotidien des hommes et surtout dans celle de se laisser approprier. Donc, de se faire traduire en actes.
Les actes, on les a tous vécu dans les gestes posés par les uns et dans les mots et les hommages prononcés par les autres à l’égard de l’illustre disparu, Etienne Tshisekedi.
Du silence assourdissant de Kabila, du silence éloquent de Ngbanda, du silence bien audible de la RTNC, jusqu’aux pleurs de l’inconsolable peuple congolais, en passant par des mots enfin aimables de Louis Michel et André Flahaut, sans oublier les monologues de Kamerhe, Mova, Minaku, Badibanga et tant d’autres, nous avons été servis, sur un plateau fait maison (made in RDC) et bien garni.
A boire et à manger
«A boire et à manger», ce n’est pas dans les mots qui nous ont été servis, mais dans le chef de leurs cordons bleus. Il ne faut pas être un fin gourmet pour le savoir : un simple coup d’œil et la dégustation est faite !
Qui sont-ils ces fameux cordons bleus ? Il s’agit : d’abord du Peuple pour qui E.Tshisekedi a fait don de soi, ensuite des méchants hypocrites, et enfin des nécrophages sans foi ni loi.
1. Le Peuple d’abord
Tout comme un bon berger donne sa vie pour ses brebis. E. Tshisekedi a sacrifié toute sa vie d’abord pour son peuple.
Il a tant aimé son peuple qu’il a donné sa vie pour lui. Et son peuple qui le connaît aussi bien le lui a rendu (au centuple) par ses pleurs spontanés, francs et qui viennent tout droit de leurs cœurs.
2. Des méchants hypocrites
Si du vivant du défunt on a fait que lui souhaiter la mort, l’accabler des malédictions, lui proférer des insultes, le vouer aux gémonies, le calomnier, lui inventer des faux procès, le vilipender, l’arrêter injustement, l’assigner à résidence surveillée, le torturer, lui voler ses votes, lui priver de toutes les libertés et qu’on ne lui avait jamais reconnu rien de bon, c’est évident que tous ces beaux et bons mots, que dis-je, tous ces mots qui sont passés des malédictions aux éloges, sans transition et qui ont rendu subitement Tshisekedi bon, parce que mort, c’est juste pour flatter les belles oreilles des vivants et non pour les beaux yeux du défunt. C’est cruel, cynique et hypocrite ! A l’instar de Jean de La Fontaine je dirai :
«Lutter contre les crimes! quel crime abominable!
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui a fait bien savoir.
Selon qu’il sera mort ou vivant,
Les hommages des méchants hypocrites
le rendront bon ou mauvais.»
La belle illustration, c’est Kamerhe. L’homme n’a pas tant mérité son nom de Kamerhéon comme ces deniers 12 mois. Ses hommages se sont bien portés en faux contre toutes ses déclarations relatives à la campagne électorale présidentielle de 2011, à la Feuille de route de l’UDPS, à la personne des Tshisekedi, au Dialogue et au Conclave de Genval.
Je ne vois pas encore quelqu'un de sensé suivre cet homme.
3. Des nécrophages sans foi ni loi
Comme «il est des morts qu’il faut à tout prix tuer!», les hypocrites ont tué une fois de plus à travers leurs faux hommages, tandis que les nécrophages (Kabila, Ngbanda, RTNC…) sont entrain de se délecter dans leur silence, riant sous cape et sabrant le champagne. Tenant coûte que coûte à satisfaire leurs appétits gloutons, ils surveillent la moindre distraction pour pouvoir dévorer leurs victimes.
- Kabila le taiseux
L’homme est connu pour son silence. Il pille, tue et fait porter la responsabilité aux congolais (s’ils n’offrent pas eux-mêmes leurs services pour des miettes). Ces grands enfants, ces criards sans conscience qui adorent leurs rôles passifs.
- Pour faire croire que Kabila est aussi humain, Néhémie Mwilanya, son directeur de cabinet, mentira. Il dira aux congolais qu’il (Kabila) est «profondément touché et qu’il présente ses condoléances les plus attristées aux familles biologique et politique, avec une compassion particulière à l’égard de son épouse et de ses enfants».
Quoi de plus faux ! On pouvait encore se faire avoir si la dite lettre était écrite à la 1ère personne du singulier et portait bel et bien la fameuse signature avec les initiales de Hyppolite Kanambe. En réalité, Kabila n’a pipé aucun mot à ce fou du roi qui veut nous faire avaler des couleuvres.
A coté de Mwilanya, on retrouve le vuvuzélateur Mende, le Tshiaku national, ce bouclier télévisuel de Kabila, ce kamikaze des radios et nargueur de la presse. Il y’a aussi un certain Willy Mishiki, un autre irresponsable, un fou de son maître (au propre comme au figuré) qui vient de narguer et de défier tout un peuple : «Coupez-moi la main si E.Tshisekedi revenait au Congo», dit-il aux journalistes en les regardant droit dans les yeux.
- Ngbanda le monstre
Si E.Tshisekedi vit en nous qui avons cru en lui, il est mort pour ceux qui lui voulaient du mal. C’est le cas de Ngbanda wa Mvene.
Son meilleur ennemi ayant disparu, l’homme et sa «Politique-Vidéos» ont aussi disparu de nos écrans. S’il est vrai qu’il est entrain de sabrer le champagne, de danser avec les dauphins dans l’eau, il est aussi vrai que son oreille est tendue à l’extérieur. Dès qu’il entendra parler de Félix Tshisekedi, il sortira très vite sa tête hors de l’eau. Beurk !
- RTNC la chaîne de mille collines
Ceux qui croyaient que la RTNC était encore une chaîne publique et qui ont beau zappé et placé leur curseur sur la RTNC pour avoir la confirmation de la mort d’E.Tshisekedi en avaient pris pour leur crédulité. Le silence de la RTNC sur la mort d’E.Tshisekedi est un acte qu’aucun bon citoyen ne peut tolérer. Il est du devoir de chaque citoyen de se battre pour arracher tous les médias nationaux d’entre les mains de Kabila et de ses affidés qui l’utilisent pour narguer toute la nation.
Tout est accompli
Oui, tout est accompli. Ils avaient la chair de poule,
et la boule au ventre quand on parlait de Tshisekedi. Ils maudissaient ceux qui le défendaient et les traitaient de tous les noms : «coterie, fanatisme, intolérance...» Parce qu’ils n’ont jamais voulu que personne ne le défende, ils lui ont inventé des faux procès pour le rabaisser au niveau des politicailleurs congolais et ils pétaient un câble quand on parlait de lui en bien. Incapables de démontrer en quoi il n’était pas un homme de bien, ils déclamaient qu’il n’était pas un Dieu et qu’il était déjà trop vieux et malade, et qu’il devait se reposer !
Ce n’est ni le repos du juste, ni le congé sabbatique qu’on lui souhaitait, mais le repos éternel : la seule condition nécessaire et suffisante pour qu’E.Tshisekedi soit bon et qu’il ait droit aux hommages.
Kâmona Kûmvua Kâmba,Tshiondo wa Mbîsha Balâla