«J’ai besoin de dix ou quinze hommes pour changer le pays».
«Pour transformer un pays comme le Congo, il ne faut pas compter sur mille personnes, il faut avoir dix, quinze personnes bien déterminées. Alors avec elles, on peut transformer un pays, une société...»
Il est des choses qu’un peuple ne peut jamais oublier. A l’exemple des propos ci-hauts, tenus par Joseph Kabila, dans une interview accordée au "New York Times" en date du 3 avril 2009 et dans un entretien accordé au "Soir" en date du 10 mai 2009. L’homme a accédé à la magistrature suprême en 2001 dans des circonstances aussi floues que suspectes et qui s’y maintient grâce à la fraude et aux armes.
Des propos, il faut le signaler, extrêmement rares et invraisemblables - mieux encore, insultants - qu’un chef d’un état en plein exercice de son mandat, n’ait jamais eu à tenir publiquement et à l’étranger, contre ses propres concitoyens.
Comment peut-on diriger un pays pendant 8 ans et déclarer qu’on n’a jamais trouvé ne fut-ce que 15 personnes pour le transformer ? - Se demandent avec stupéfaction, mêlée à l’indignation, tous les congolais.
Depuis la tenue de ces propos, il y a 7 ans passés, rien ne va, tout s’écroule et les congolais se demandent si réellement il s’agit de manque d’hommes ou de tout autre chose ?
Pour répondre à cette préoccupation, essayons de questionner certains des choix politiques de Kabila et intéressons-nous à quelques-uns de ses hommes les plus proches.
Kabila a pris la RDC non seulement dans des conditions suspectes, nous l’avons dit, mais aussi, en morceaux.
Si le plus grand morceau (la partie Est) était entre les mains du RCD-Goma (Ruberwa), le MLC (JP Bemba) occupait la province de l’équateur tandis que Kabila ne contrôlait que Kinshasa, Bas-Congo, Bandundu, une partie du Katanga et une partie du Kasai. Donc, pas même la moitié du territoire; mais à peine le tiers de la RDC.
Mais quand il fallait dialoguer à Sun City pour la réunification du pays, Kabila a préféré signer un deal de partage de pouvoir avec JP Bemba.
Et si E.Tshisekedi n’avait pas brisé le faux tabou et fait bouger les lignes (frontières politiques) jusqu’à rencontrer Kagame, le mentor de Kabila, la RDC serait aujourd'hui divisée en deux.
Cela étant, entre celui qui était sorti du dialogue pour former un gouvernement sur les 2/3 du pays dans la partie ouest et celui qui avait pesé de tout son poids pour sauver le dialogue et les 3/3 ou l'entièreté du Congo qui est unificateur, qui est pacificateur ?
S’appuyer sur des faux opposants - à l'instar de Zahidi Ngoma - pour écarter E. Tshisekedi de la transition et étouffer dans la violence la marche que les combattants de l’UDPS avaient organisée en 2005 contre la prolongation de la transition prouve à suffisance que Kabila et Bemba lui en voulaient d’avoir casser leur projet de la somalisation du Congo en cédant un tiers du Congo au duo "Kagamé et Museveni".
Ceci dit, s’agit-il dans ces choix politiques, de manque d’homme ou de manque d’amour du Congo ?
S’agissant de ses hommes les plus proches, on va s’intéresser ici à quelques uns de ses directeurs de cabinet :
1. Evariste Boshab.
Il a été le tout 1er directeur de cabinet adjoint de Kabila avant d’être élevé au poste de titulaire le 30 octobre 2002.
A son passif, on retiendra l’affaire de 32 millions US $ (plus de 50, disent certains) de la SNEL. Raison pour laquelle, il a été relevé de ses fonctions le 28 novembre 2004.
Mais curieusement, on verra cet homme revenir aux affaires, le 18 avril 2009 en tant que président de l’Assemblée Nationale.
Vous y êtes ? - Maintenant rappelez -vous les dates des messages de Kabila aux américains (le 03 avril 2009, au New York Times) et ensuite aux belges (le 10 mai 2009, au journal Le Soir).
On devrait se demander :
- Pourquoi Kabila et ses vuvuzélateurs accusent ces mêmes américains, ces belges et autres occidentaux de tous les péchés d’Israël.
- Comment peut-on, dans l’espace de 15 jours, à la fois déclarer qu’on a besoin de 15 hommes pour transformer le pays et, au même moment, nommer un voleur à la tête de l’Assemblée nationale, laquelle avait demandé et obtenu sa démission 5 ans auparavant ?
Ce qui devait arriver, arriva : neuf mois seulement avant les élections présidentielles de 2011, le voleur réussira, par un tour de passe-passe constitutionnel, à ramener le scrutin de deux tours à un seul.
Déjà en 2012 je disais que la Kabilie finira par nous imposer le scrutin à un «demi-tour» en 2016; mais j’étais très loin de m’imaginer que c’est encore le même Boshab qui, maniant la science et l’inconscience, nous donnerait l’ordre «de faire un demi-tour de scrutin» pour l’inanition de la constitution et de la nation congolaise.
2. Adolphe Lumanu
Le Palais de la Nation, ce haut lieu de l’inanition de la nation n’est pas réservé qu’aux voleurs et tripatouilleurs, mais aussi aux violeurs et aux gens des mœurs légères comme Adolphe Lumanu. Il y fera son entrée comme directeur de cabinet de Kabila en janvier 2009. En dépit de sa tentative de viol contre l’ambassadrice du Canada en RDC, Lumanu ne quittera ce poste qu'en février 2010, pour occuper un autre encore plus régalien, celui de Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Il continue d'ailleurs à nager dans la marre afdélienne où il était désigné à la tête de l'ONIP (Office National d'Identification des Personnes), avec comme but de retarder les élections jusqu'en 2018. But atteint par d'autres canaux.
3. Gustave Beya Siku
Pour ne rester que sur le registre des hommes du palais de l’inanition de la nation, parlons aussi de Gustave Beya Siku.
Accusé d’avoir empoché plusieurs millions de dollars dans des dossiers d’appels d’offres et des marchés publics pendant qu’il logeait encore au palais, l’homme, à l’instar de ses prédécesseurs, sera couvert. Et comme pour le récompenser de ses loyaux services, il sera nommé ambassadeur de la RDC en Belgique.
Mais ses lettres d’accréditation seront rejetées parce que sujet belge.
Si la Belgique a trouvé qu’on ne peut pas être à la fois belge et défendre les intérêts congolais contre la Belgique, la Republica de Angola, elle ne pouvait qu'avoir intérêt à accréditer ce cas de schizophrénie politique.
4. Néhémie Mwilanya Wilondja
Après le départ du sujet belge, viendra Néhémie Mwilanya. Il occupera ce poste au moment où son chef et sa famille politique peinent à déstabiliser l’UDPS et/ou à la rallier à leur cause : le «Glissement».
Après que le palais de l’inanition de la nation ait débauché Bruno Mavungu à vil prix, mais échoué avec brio contre Félix Tshisekedi (Toujours combattu, mais jamais vaincu. Si le père est en lui, qui sera plus fort que lui ? Eza problème ya makila !), il s’occupera de Bruno Tshibala. Pour le conditionner psychologiquement, on le jettera à Makala sans jugement et pour un motif inexpliqué et inexplicable.
Ceci expliquant peut-être cela, on l’exfiltrera nuitamment de la prison pour comparution devant des juges qui disent le droit en pleine nuit et en l'absence de tout avocat - quoi de plus normal dans cette kabilie - on l’amena devant le dernier dinosaure du palais de l’inanition de la nation, Néhémie Mwilanya, lequel était entouré, pour la circonstance, de ses compères Félix Kabange Numbi et Maître Mbuyu.
Après quelques paroles mi-flatteuses, mi-arrogantes, le fameux trio finit par lui dire qu’il a plu au « Rais », dans toute sa magnanimité, de vous libérer, mais… à condition que vous puissiez adhérer aux accords politiques (du trio Kabila-Kodjo-Kamerhéon) et accepter le poste de 1er Ministre. Ce à quoi il répondra sans hésiter : «Je ne trahirai pas mon pays, ramenez-moi en prison».
Diviser pour continuer à régner. C'est cela le changement que Kabila veut réaliser au Congo.
Si vous portez vos longues vues, vous verrez que :
1) B. Mavungu n’a été utilisé que pour faire vibrer la corde sensible de la «tribalité»;
2) mais leurs cibles pour semer la confusion, la zizanie, la division et la haine (et permettre à Ngbanda de faire sa «Politique-vidéos» contre ses ennemis préférés, j’ai cité les Tshisekedi), ce sont les kassaiens.
Après le refus catégorique de B. Tshibala, ils n’ont eu d’autre choix que de recourir au service de leur homme de paille, j’ai cité S.Badibanga.
Il faut ne pas connaître Staline, Sekou Touré, Kim Jong Un, Mobutu (qui s’est payé les services de Ngalula, Bashala, Mulumba Lukoji, Birindwa, Lihau, Kibassa, Pasteur Kalonji Mutambayi, la petite Muadi) et le même Kabila (qui a déjà utilisé Lusanga Ngiele, Beltchika, Kalonzo, Mpuila et tant d’autres) pour faire toute une montagne autour de la nomination de Badibanga.
Qu’on se tranquillise ! Et même si S. Badibanga pourra faire une année (qui vivra verra !), il finira par suivre tous ceux qui se sont attaqués à E.Tshisekedi et qui, s’ils ne meurent pas physiquement, ils meurent à coup sûr, politiquement. Je n’ai jamais cessé de le dire !
Ce qui manque à Kabila: la congolité.
Quand on a besoin de véritables hommes d’état pour transformer un pays, on crée des conditions propices, on se donne des moyens, on les cherche d’une façon désintéressée et selon des critères objectifs, clairs et rigoureux.
On ne choisit pas ses collaborateurs parce qu’ils sont spécialistes en tripatouillage et en vol. On ne les choisit pas pour créer des problèmes dans la communauté. Faire comme Kabila et réussir dans le mal, ce n’est pas aimer son pays.
Ce qui manque à Kabila, ce ne sont pas les 15 hommes, mais plutôt l’amour du Congo.
A un tel individu, soit on montre la porte d’où il est venu, soit on l’enferme pour de bon à Buluwo, soit on lui fait subir le même sort que Samuel Doe, Nicolae Ceausescu et d'autres encore.
Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla