5 Décembre 2015
Chers compatriotes,
S’il y a un parti politique congolais qui a une forte expérience dans la lutte, c’est l’UDPS.
L’allusion n’est pas seulement faite à sa création atypique (forcée et arrachée des mains d’une dictature féroce), mais aussi, à son combat non-violent pour l’instauration de la justice, de la liberté, de la paix et de la démocratie, et surtout, à sa capacité hors norme à résister à la répression.
Forte de cette expérience, elle sait quand et pourquoi il faut prioriser telle ou telle action, sans en exclure d’autres.
L’UDPS n’a pas encore accédé au pouvoir, certes, mais grâce à ses deux actions non-violentes, c’est-à-dire, le dialogue et les manifestations de rue (dont on ne peut ni lui renier la paternité, ni lui faire concurrence), elle a élevé le Congo à un haut niveau de la démocratie, même si, il faut le rappeler, la dynastie afdliénne nous a retardé et reculé de plusieurs années.
Fidèle à ses engagements envers elle-même et envers le peuple pour qui elle se bat, elle tient aux élections libres, crédibles, transparentes et apaisées dont les résultats ne devraient être ni contestés, ni sujets à des violences.
Le dialogue sans être une formule magique, reste la meilleure voie de sortie ou le moindre mal, tandis que les manifestations de rue (jamais exclues), sans être pires, restent le dernier recourt. Ça, l’UDPS et son leader l’ont dit et redit à maintes reprises. Tout comme ils n’ont cessé de répéter que le dialogue doit se faire dans le strict respect de la constitution.
On peut encore douter, avec raison, de la sincérité de Kabila à tenir parole, mais accuser l’UDPS et son leader qui ne se sont jamais compromis dans aucune circonstance, leur lancer la fatwa et leur déclarer la guerre, juste pour avoir exprimé leur pensée à travers la " feuille de route ", ce n’est ni plus ni moins, jouer le jeu de Kabila, cet ennemi du Congo.
S’il y a quelqu’un qui est d’ailleurs conscient que le dialogue, tel que prôné par l’UDPS, mettra fin à ses aventures et le réduira à sa simple expression, c’est bien Kabila. Ainsi multiplie-t-il les subterfuges, les manœuvres dilatoires et entretient-il des fausses alliances, des fausses dissensions ainsi que des campagnes de salissage et de division au sein de l’UDPS, afin de la présenter à l’opinion nationale et internationale comme étant isolée, impopulaire, incapable de toute alternance ; bref afin de présenter l’UDPS comme une personne non grata.
Pour un coup de génie, c’en est un. Car il a, par un simple claquement des doigts, réussi à monter la fameuse dynamique de l’opposition, le criminel Ngbanda, ses sbires et acolytes, ainsi que d'autres politicailleurs contre l’UDPS. Ils se sont mis tous d’accord pour être en désaccord avec l’UDPS. Là où l’UDPS dit oui, eux disent non et vice versa. Ça n’étonne plus les congolais. Ils connaissent déjà leur habilité, leur agilité et leur dextérité à retourner leurs vestes. Bazalaka boye ! Bakotikala kaka boye !
Mais là où ça fait scandale, c’est du côté de nos fameux intellectuels et autres observateurs et analystes politiques.
On les entend dire que dialoguer avec Kabila à une année de son départ, c’est l’accompagner à son « glissement ».
Laissez-moi leur dire que quand on veut sauver son pays et qu’on tient au départ d’un dictateur, on ne l’affronte pas sur le terrain ( la rue ) où il sait bien mettre tout le monde au respect avec sa kalachnikov, mais sur celui ( le dialogue ) où tout le monde saura lui démontrer son manque de respect aux lois qu’il s’est faites lui-même, et dont il est censé être le garant. Tout cela, devant ses mentors de la communauté internationale.
Peu importe le moment. Trois ans ou trois minutes avant son départ, l’essentiel, c’est de l’affronter en face.
Quand on a confiance en soi et qu'on est sûr de ses atouts moraux, politiques et intellectuels, on peut rencontrer un dictateur même dans sa chambre à coucher sans se faire soudoyer, sans se faire nommer Ministre et surtout sans "glisser " avec lui sur son lit.
Il ne suffit pas d'être autour d'une table pour se faire nommer Ministre et pour "glisser", encore faut-il accepter la proposition. Celle-ci n'étant pas une imposition, je ne vois pas comment on ne peut pas dire non. Et même si c'en était une, quand on aime son peuple, qu'on respecte ses engagements, qu'on respecte la constitution et qu'on a des "c......s", on dira NON. Sur ce registre, le leader de l'UDPS et ses collaborateurs se sentent très à l'aise et personne, d'honnête, ne peut leur jeter la pierre.
Il n'y a que ceux qui ne résistent jamais à la corruption, qui ont une obsession de pouvoir, et, qui chaussent des patins à roulettes qui ont à se reprocher. Encore faut-il qu'ils soient sincères, car, tout indique qu'ils soutiennent Kabila, avec sa glisssade.
Tous les coups que Kabila fait subir au calendrier électoral, notamment le non-décaissement des fonds pour les opérations pré-électorales, la création des nouvelles provinces et la non-tenue des élections provinciales en date du 25 octobre passé, n'ont-ils déjà pas amené l’élection présidentielle sur une pente glissante ? Quelle sorte de dessin faut-il pour comprendre que le « glissement » a déjà lieu ?
On les entend dire que l’UDPS a trahi le peuple et qu’elle se bat pour entrer au gouvernement.
Moi j’ai envie de leur dire qu’ils ne connaissent rien, ni de la politique, ni de l’UDPS.
Faut-il leur rappeler que lors des accords de Gbadolite en 1987, entre Mobutu et la direction politique de l’UDPS, les collègues d’É.Tshisekedi avaient été nommés ministres, tandis que lui avait décliné l’offre, et que pas plus tard qu’hier (Vénise et Ibiza), il s’est retiré du pré-dialogue ?
Doit-on encore rappeler que si É.Tshisekedi n’était pas allé jusqu’en enfer rencontrer le diable de Kagamé, le dialogue de Sun City n’aurait pas réouvert ses portes, et que par conséquent, le Congo serait balkanisé depuis longtemps ? Tout cela à cause de la traîtrise de Bemba et d’autres membres de l’actuelle dynamique de l’opposition, ainsi que de Kabila, Kamerhe et autres membres du PPRD et de la MP.
Faut-il leur donner le cours de l’histoire politique du Congo pour qu’ils apprennent qu’à l’issue de ce dialogue, Kabila, Bemba, la CIAT avec Olenghankoy et tous ceux qui se réclament de la dynamique, sinon de la dynamite de l’opposition aujourd’hui, s’étaient partagés le pouvoir et qu’É.Tshisekedi en était exclu ? Mais selon eux, c’est É.Tshisekedi qui aurait décliné l’offre.
Et à ce propos, s’ils pouvaient nous aider à comprendre la question de savoir ce qui a changé pour qu’É.Tshisekedi qui a toujours dit NON à tout, qui ne croit en personne, qui se prend pour un Dieu, qui se plaît dans son rôle d’opposant, et qui mourra dans l’opposition ( décliner l’offre d’un poste ministeriel lors des accords de Gbadolite, biffer des mentions inutiles ajoutées au texte relatif à la prestation de serment en tant que 1er Ministre, refuser la vice-présidence pendant la transition, et pas plus tard qu’hier, se retirer du pré-dialogue), accepte aujourd’hui de partager le pouvoir avec un dictateur. Nous répondrons aussi à leur question, celle de savoir ce qui a changé pour que l’UDPS qui a refusé de dialoguer avec Kabila avant 2015, l’accepte aujourd’hui.
Toloba mpe malamu. Bomoni te que bat’oyo baza ba tshior. Baz’olia ba émoluments, ba perdiems et surtout madesu ya bana na Parlement, mpe na Ceni, mais baz’okosela UDPS ya bato makambo que alingi akota na gouvernement. Ata soki akoti, est-ce que gouvernement eza bien privé ya bango ? Et qui en a le droit, le fraudeur Kabila, eux les collabos ou l’UDPS qui a gagné les élections ? Soki baza sérieux, babima bango nyonso na parlement, tobunda biso nyonso libanda.
D’ailleurs un ami m’a dit un jour. Bino mpe bato ya UDPS bozali ko exagérer. Fayulu, Franck Diongo, Ngbanda et surtout Kamerhe, soki baproposer bango primature ou vice-présidence, bako hésiter ata moke te. Ils feront d’ailleurs tout ba prêter serment le même jour. Bino awa boz’obukana pamba na idéal, na respect ya constitution, na état de droit, na peuple d'abord na bino. Bokokufa bino nyonso na opposition.
Les rares fois qu’ils essaient de proposer quelque chose à la place du dialogue, ils parlent de la rencontre tripartite Ceni-MP-Opposition.
Il y’a là inopportunité dans la mesure où cette fameuse tripartite a lieu regulièrement, lorsque la CENI intervient au parlement où la MP et la fameuse opposition sont toutes représentées.
À part ça, y a-t-il au moins quelqu’un pour m’expliquer comment peut-on à la fois, traiter le Parlement et la CENI (dont ils font aussi partie) comme étant les caisses de résonance de Kabila et tenir à dialoguer, non avec le batteur Kabila, mais plutôt avec ses tambours que sont le Parlement, la CENI et la MP ? Un honnête homme, ça se tait ou ça démissionne.
Chers compatriotes,
Je m’en voudrais si je laissais les collabos de Kabila continuer à semer la confusion selon laquelle " l’UDPS a accepté de dialoguer avec Kabila " ou le " l'UDPS a rejoint le camps des anti-dialogue ". Il y a plus qu’une nuance à relever.
Sachant que Kabila évite toute confontration tendant à lui jeter toutes ses fraudes à la figure, l’UDPS a écrit à la communauté internationale. Elle lui a demandé de peser de son poids pour amener le fraudeur sous l’arbre à palabre qu’on appelle, pour faire moderne, le dialogue.
Cela étant, vous comprenez qu’on sait très bien que Kabila n’a que faire du dialogue et qu'on ne peut lui accorder aucun crédit.
Et que diable irait-il encore chercher dans cette galère d’arbre à palabre quand il peut encore, dans la rue d’à côté, appuyer avec plaisir sur la gâchette, ou, claquer ses doigts pour instrumentaliser le Parlement et la CENI, et faire passer ses lois « fraudulogènes » et organiser le référendum comme ses compères du Burundi, du Congo/Brazza et du Rwanda ?
Allons-nous le laisser nous entraîner dans la rue, déjà squattée par ses kabila boys, avec kalachnikovs en bandoulière ou devons-nous nous ressaisir, dresser nos fronts, nous serrer les coudes et tout faire pour l’amener sous l’arbre à palabre ?
L’arbre à palabre, je l’ai dit plus haut, n’est pas une formule magique, surtout quand on sait que Kabila est toujours capable de retirer de la main gauche, ce qu’il a donné de la main droite ou de claquer la porte à tout moment (il l’a fait à Sun City avec Bemba) ou d’attendre la fin pour saborder les résolutions.
Nous, nous aurons déjà fait notre part pour éviter des morts supplémentaires. Nous prenons donc l’opinion à témoin.
Mais si tout le monde pense que sous l’arbre à palabre, il fait plus chaud (71 ° C) que sur le bout de la kalachnikov ( - 3,5 ° C), alors, allons donc nous-y refroidir !
Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla, Richard Babadi