4 Novembre 2015
Chers compatriotes,
Dans quelques mois, il fera bientôt 20 ans, depuis que l’ancêtre du PPRD, j’ai cité l’AFDL, a déclaré la guerre au Congo.
Je ne viens pas annoncer les festivités commémoratives de la dynastie afdélienne, loin s’en faut, mais je veux plutôt tirer la sonnette d’alarme à propos de la «crise au sein de l’UDPS», dont on parle tant.
Cela étant, je me dois de dire aux congolais que cette fameuse crise udépéssienne n’est qu’un écran de fumée, un arbre qui cache la forêt. Nous avons plutôt à faire à une guerre que la dynastie afdélienne a déclaré au Congo, et dont le but est sa balkanisation.
Prétendre qu'on est intellectuel, observateur et analyste politique, et qualifier le régime en place de dictature d'occupation, c'est aussi comprendre que toute dictature, pour se maintenir au pouvoir, a besoin d'éliminer ses véritables adversaires.
Prétendre être politicien, vrai congolais et patriote et dire de la dynastie afdélienne qu’elle veut balkaniser le Congo, et ne pas comprendre que pour qu’elle en arrive là, elle doit d’abord « balkaniser » le parti le plus populaire, salir et éliminer son leader, ce qu'on n’est tout simplement pas ce qu’on prétend être.
Refuser consciemment et/ou inconsciemment de comprendre toutes ces choses, et continuer à tirer à boulets rouges sur l’UDPS et sur son leader en soutenant que tout politique doit être critiqué, et que s’il était sans faute, on ne le quitterait pas, et dire de ceux qui le soutiennent que ce sont des fanatiques et des flatteurs qui croient qu’il est un Dieu, c’est collaborer avec la dynastie afdélienne, c’est l’aider à réaliser son plan de balkanisation du pays.
D'ailleurs, ce plan semble déjà en phase de réalisation, au regard des ingrédients en présence : démembrement des provinces, nomination des commissaires spéciaux dans les provinces découpées, loi référendaire en préparation, démissions, agitations politiques, retournements des vestes, déclarations incendiaires…
Pour appréhender tout ce tohu-bohu, remontons le temps et revisitons ensemble les étapes que la dynastie afdélienne a déjà franchi dans sa lutte pour l’implosion de l’UDPS, afin de s’assurer de la balkanisation du Congo.
Pour obtenir le laissez-passer et se faire accepter dans la population, la dynastie afdélienne s’est servie d'abord des cadres locaux de l’UDPS (gouverneurs plébiscités en 1997), pour les sucer et les poignarder dans le dos (chasser). Ensuite, Étienne Tshisekedi a été relégué dans son village. Son crime, c’est d’avoir dit à L.D.Kabila d’évaluer les services que ses camarades rwandais avaient rendu à la Nation, de les payer et de les renvoyer chez eux.
Jovial et convivial, L.D.Kabila l’avait été de nature, mais le pouvoir qui lui était tombé, telle la manne du ciel et qui lui était monté dans la tête, avait fait de lui un bouffon.
Dans ses bouffonneries, il riait lui-même plus que ses convives. Revoyons encore l’homme, au Gabon, comme ailleurs, au milieu de ses collègues, veston complètement mouillé au niveau des aisselles, avec un bas ventre dehors, riant à gorge déployée, soulevant ses jambes en l’air, et applaudissant frénétiquement les musiciens congolais (Tshala Muana, Mbilia Bel, Zaiko etc.)
Tenant à récupérer sa jeunesse, L.D.Kabila transforma le palais présidentiel en une discothèque où il écoutait du Wendo, dansait du Brakamucura, prenait de la Tembo (Pombe ya kuetu) ou du whisky, jusqu’à en mouiller ses langes, ainsi que ses mentors.
Quand il était dedans, rien ne pouvait le sortir, sauf le nom d’E. Tshisekedi :
- "M’zée, il parait que Tshisekedi va tenir une conférence de presse…"
- "Hein, hein, batoto ya mama, eko wapi ? Saa kani ? Ata sema nini ? Mungu wangu !" répétait-il sans cesse.
Ses mentors, excédés et regrettant d’avoir misé sur un très mauvais cheval se décidèrent de le remplacer par quelqu’un de plus énigmatique et de moins bavard. Quelqu’un qui tue par plaisir, qui est capable de dissimuler ses crimes, et de les faire porter aux autres.
Oui, leur bras séculier fut armé et L.D.Kabila fut tué par l’épée avec laquelle il avait tué Kanambe père, Masasu, Ngandu et des milliers des congolais… laissant derrière lui, le Congo en morceaux et entre les mains de Kanambe fils dit J.Kabila, J.P.Bemba et A.Ruberwa.
Craignant de voir le dialogue déboucher sur l’unification du pays, J.Kabila, par son négociateur Kamerhe interposé, et, Bemba claqueront la porte. Loin de tous, ils conviendront d’unifier les morceaux (Partie Ouest du Congo) qu’ils administraient (laissant la partie Est entre les mains de Ruberwa), de maintenir J.Kabila au poste de Président et de faire de Bemba, 1er Ministre. Ce fut l'Accord dit de l'hôtel Cascades.
Pour sauver le Congo, E.Tshisekedi est allé jusqu’en enfer (Rwanda), braver les flammes des feux (risquer sa popularité) pour rencontrer le diable (P.Kagamé). Il lui fera voir que son soutien à Kabila et Bemba mettra le feu, non seulement au Congo, mais aussi à son cher Rwanda et à lui-même. Le charismatique E.Tshisekedi qui, ne rencontre personne sans le convaincre, arracha de Kagamé, le consentement d’instruire Kabila et Bemba de regagner le dialogue. Et celui-ci fut donc réouvert.
Quand il s’est agi de se partager le pouvoir après le dialogue, les torpilleurs (Kabila et Bemba) de celui-ci se payeront les services des prétendus opposants pour écarter (punir), celui qui avait sauvé le dialogue et le Congo.
En l’écartant de la transition et surtout, en traitant sa rencontre avec Kagamé comme étant une trahison, ces ennemis des congolais prouvèrent qu’ils ne voulaient (veulent) pas voir le Congo unifié. Mieux, ils tenaient (tiennent) à sa balkanisation.
Comment peut-on prétendre être observateur et analyste politique honnête, intelligent, patriote, nationaliste et considérer la salutation, le déroulement du tapis rouge et le passage de la troupe en revue comme étant une trahison quand on sait que c’est de cette rencontre, entre E.Tshisekedi et P.Kagamé, qu’est venue la réouverture du dialogue, et enfin l’unification du Congo?
Que les mêmes qui ont tenté de torpiller le dialogue de Sun City, aient par la suite qualifié la réouverture de ce dialogue et l’unification du Congo comme étant la trahison d’E.Tshisekedi ne peut plus étonner.
Que ce soient encore les mêmes, qui ont écarté E.Tshisekedi de la transition de 2001, ainsi que des élections de 2006, qui sont aujourd’hui, les pourfendeurs les plus tenaces du dialogue en chantier, ce n’est ni une coïncidence, ni un hasard, C'est un signe qu'il y'a, de leur part, une ferme volonté d’empêcher le rapprochement des congolais, la restructuration de la Ceni, le nettoyage du fichier des électeurs, l’élagage des textes électoraux «fraudulogènes», l’élaboration d’un calendrier électoral consensuel, la tenue d’une élection présidentielle libre, démocratique et apaisée. C'est la preuve qu'ils veulent amener lentement et sûrement le peuple sur la voie du soulèvement populaire, afin de s'en servir pour balkaniser le Congo.
Pour avoir exigé que les résolutions du dialogue de Sun City soient respectées, les combattants de l’UDPS entendront Bemba dire : «qu’ils marchent, ils vont me trouver en tenue militaire sur leur chemin».
Si Kabila et Bemba étaient tous d’accord pour écarter E.Tshisekedi, chacun d’eux avait son propre agenda. Quand Kabila comptait sur la Ceni et ses fraudes, sur les mensonges, les fourberies et les roublardises de Kamerhe, sur ses armes et sur l’absence des grands manifestants de la rue que sont les udépéssiens, Bemba lui, comptait sur les voix «orphelines» de l’UDPS. Mais ce qu’il avait oublié est qu’en menaçant les combattants, il les avait déjà tué. Un mort, orphelin en plus, ne vote pas; même si, faute de mieux, nombreux furent les morts à aller, non à sa rescousse, surtout au 2è tour, mais plutôt en guerre pour éjecter Kabila de la présidence.
Mais pour avoir accepté l’inacceptable, Kabila lui fit accepter le séjour à la Haye.
Pour s’assurer de la victoire sans entraves aux élections de 2011, Kabila cherchera à neutraliser E.Tshisekedi.
Pendant que son laboratoire y travaillait, le destin lui offrit une occasion: E.Tshisekedi se rend en Europe pour des soins médicaux. Une aubaine aussi pour Beltchika. Il reçoit de Kabila et de Kamerhe, une conséquente aide financière pour la tenue de son congrès. Lequel, leur avait-il laissé entendre, allait définitivement enterrer E. Tshisekedi. Erreur! L’homme signa sa propre mort politique.
Ce qu’il n’avait pas compris, le pauvre, est que, quand les congolais lambdas ( les politicailleurs et leurs lieutenants non compris) se réunissent, c’est la conscience qui prend le dessus et qui leur rappelle le pacte qu’ils ont signé avec celui qui a sacrifié sa vie pour eux.
Comme si cet échec ne suffisait pas, E.Tshisekedi, à son retour au Congo, recevra un accueil qui n’avait d’égal que celui que Jésus reçu à son entrée à Jérusalem. Devant cet état de chose, Kabila et Kamerhe utilisèrent les manières fortes.
Kabila se chargera de ramener le scrutin présidentiel à un seul tour, Kamerhe lui, recourra à ses chers chantages et fourberies (ou E.Tshisekedi fait de moi son 1er Ministre ou je maintiens ma candidature), comme il l’avait déjà fait, en vain, avec son ami Kabila, pour le poste de vice-président de la transition et pour celui de la primature lors des élections de 2006, avançant comme unique atout qu’il parlait les 4 langues nationales.
Mais ses légèretés ne changèrent rien aux résultats, car E.Tshisekedi gagna l’élection, mais Kabila s’imposa par les armes.
Vous aurez compris, Kabila frauda et plongea le pays dans la crise. Laquelle crise dont il se sert actuellement pour balkaniser le Congo.
Pour garder par devers soi l’imperium et permettre à Moleka d’aller discréditer E.Tshisekedi auprès des partenaires de l’UDPS, Kabila l’assigna à résidence surveillée.
Le reste, le destin s’en chargea : Comme en 2010, E.Tshisekedi est obligé de se rendre en Europe.
Les Caïnites (Mubake, Moleka, Kiringa, Vangu, Cilenge, Mpuila, Kalonzo, Nsenda, Kashala, Kadima Muntuntu, Mpoyi, …), forts de l’expérience de leur guerre contre Beltchika, qu’ils avaient taillé en pièces, ont cru que l’heure de faire main basse sur l’UDPS avait sonné. Pour déstabiliser psychologiquement E.Tshisekedi et l’amener doucement à la mort, ils engageront une guerre médiatique sans merci contre son épouse et ses enfants, principalement contre Félix Tshisekedi. Mais ils se butèrent à une indifférence (celle du peuple comme celle surtout d’E.Tshisekedi lui-même) qui leur coupa le souffle.
Essoufflés, ils sollicitèrent et obtinrent, des considérables appuis stratégiques (fabrication des faux procès, récupérations des faits politiques, vilipendes, mensonges, calomnies, affabulations, intox…) de la part de Ngbanda et des appuis financiers, venant de Kabila, de Kamerhe, de Kengo et de tant d’autres opposants de pacotille. (ce point fera l’objet d’un tout un autre article prochainement)
En attendant, disons à ceux qui souhaitent (ou qui s’attendent à se réjouir de) l’implosion de l’UDPS (pas évident du tout), qu'elle leur reviendra en pleine figure comme un boomrang tôt ou tard, et certainement plus tôt que tard.
Qui crache au ciel, il lui retombera sur le visage.
Kabua kadila nkusu kakapitakana ni nkusu !
Libata na nzungu…
Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla, Richard Babadi