27 Août 2017
Tant que Kabila n’a pas d’attaches (sociologique, psychologique, culturelle, morale…) avec les villes du Congo, aucune "ville morte" ne lui donnera la mort.
Si déjà les dictateurs qui ont des attaches avec leurs pays se moquent des "villes mortes" et des marches, a fortiori Kabila, cet inculte, ce mécréant et béotien politique, ce tueur en série, ce parvenu venu de nulle part tout débraillé - bottes de jardinier, pantalon et chemise en lambeaux et sans sous-vêtement – et qui, du jour au lendemain – chance eloko pamba – se voit catapulter à la tête du grand Congo !
Sans être un va-t’en-guerre ou un pourfendeur des villes mortes et de leurs organisateurs (l’UDPS et le Rassop), je constate simplement que ces actions sont devenues inadaptées, inopportunes, impropres à la consommation politiques, obsolètes et nuisibles à la lutte.
Si elles avaient tout un sens au début du processus de la démocratisation (1990), celui d’enlever la peur aux congolais et de prouver à Mobutu la détermination du peuple à se libérer, aujourd’hui, plus rien ne peut les justifier, même pas ce chaos installé par Kabila. Aujourd’hui, le peuple n’a plus rien à prouver, et la kabilie sait déjà que les congolais savent qu’elle (la kabilie) sait qu’ils (congolais) sont déterminés à se libérer et à la chasser du pouvoir.
Donc, l’heure n’est plus aux marches et aux villes mortes qui ne donneront jamais la mort à la kabilie, mais plutôt aux actions plus réalistes et surtout gagnantes comme dirait Sharp Gene dans "De la dictature à la démocratie".
J’en avais déjà parlé avant les élections de 2011. Dans mes lettres, je répétais toujours:"Élections oui, mais avec un plan B". Mais malheureusement l’UDPS est allée aux élections sans aucune alternative. La conséquence, on verra l’UDPS s’emmêler les pinceaux lors de la récupération de l’imperium après que la kabilie lui ait volé sa victoire.
En janvier 2014 je suis revenu sur la question. Dans une de mes lettres "comment-chasser-alias-joseph-kabila-et-ses-hommes.html?", je me suis adressé directement aux cadres de l’UDPS.
Savez-vous qui avait réagi? - Un certain Omer Nsongo, un journaleux-kabiliste et tshisekediphobe, un analyste politique autoproclamé, un cynique dépourvu de toute humanité.
Il m’accusera d’avoir incité les congolais à la révolte et d’avoir inspiré Félix Tshisekedi dans certaines de ses actions. Mais du coté de l’UDPS, aucune réaction. Même pas un semblant de note me demandant d’enrichir le texte ou d’éclairer leur lanterne. J’espère que la leçon est tirée !
Et entre temps la Kabilie a continué à recourir aux armes, à donner la mort aux congolais et à "glisser" pendant que l’opposition et l’UDPS elles, ont continué à "marcher", à "observer des villes mortes", à patauger, à s’enliser et à s’empêtrer dans des actions sans lendemain et dont Kabila se moque comme il en a fait avec ses lambeaux de treillis et ses bottes de jardinier.
"Les marches" n’ont jamais fait marcher un dictateur, et ce n’est pas le dictateur kabila qui marchera le premier.
"Les villes mortes" n’ont jamais donné la mort à une dictature et ce n’est pas la kabilie qui en mourra la première.
Donc, le Rassop, l’UDPS et les congolais devraient abandonner les "marches" et les "villes mortes" pour adopter la Défiance politique et la Désobéissance civile.
La défiance politique a pour avantage de:
- Combattre et aggraver les faiblesses de la dictature ,
- Couper ou tarir les sources de son pouvoir,
- Conduire la dictature à des graves erreurs de jugement et d’actions,
- Entraîner beaucoup moins de victimes et dégâts (matériels ou physiques),
- Rendre la population plus confiante en elle-même,
- Augmenter la participation de la population à la résistance, - Fournir à la population les moyens efficaces et réalistes de résister et de défendre sa liberté contre des dictateurs existants ou nouveaux.
Cet arsenal inclut des armes psychologiques, sociales, économiques et politiques qui sont maniées par la population (la 1ère concernée) et la société civile - les syndicats, les organisations des jeunes, des femmes, des consommateurs, des producteurs, des fans clubs de foot, les ONG des droits de l’homme...
Voilà pourquoi nous disons :"les jours à venir seront durs. Et quoique les congolais fassent – fermer les yeux, se déclarer apolitique ou anti-politique, dire de ceux qui se battent qu’ils perdent leurs temps, se réfugier dans des prières ou se cacher dans sa maison, faire des faux procès à Félix, à l’UDPS et au Rassop, faire des doux yeux à Kabila – la guerre que la Kabilie a déjà déclenchée n’épargnera personne. Et même si nous ne mourrons pas tous, nous serons tous frappés, d’une façon ou d’une autre."
Devant une telle évidence, on n’a qu’un choix, se défendre. Quelqu’un a dit :"il faut savoir dresser le front, élever la voix et lever son poing pour éviter d’être frappé". Ne dit-on pas aussi que la meilleure défense, c’est l’attaque ? - Dans ce cas d’espèce, notre attaque réside dans la Défiance politique.
Kitenge Yesu, se référant à Jean Rostand, a si bien dit:
"Peuple, ce combat, c’est votre propre combat. Mais, il est conduit, encadré et incarné par le Rassemblement, votre Rassemblement. Si tu refuses ton propre combat, on fera de toi le combattant d’une cause qui n’est pas la tienne."
Chers compatriotes,
On vous dit:"Félix a sa famille en Europe et que lui et le Rassop vous envoient dans la rue pour mourir...(depuis quand la rue tue toute seule ?) ou Félix a été corrompu par Kabila et qu’il a vendu l’UDPS à Katumbi...". Voilà une belle façon de vous pousser à aller en guerre contre votre propre combat, pour faire de vous les combattants d’une cause qui n’est pas la vôtre. Autrement dit, vous pousser à retirer votre confiance à Félix et au Rassop pour laisser Kabila et ses collabos, voler, violer, violenter, tuer, tromper, fomenter des faux procès et balkaniser le Congo en toute quiétude. Vous ne vous battez ni pour Félix ni pour le Rassop (ils ne font que conduire le combat), mais pour vous-même et pour le pays.
Au lieu de demander ce que Félix et l’UDPS ont déjà fait pour vous (eux qui n’ont jamais été au pouvoir), demandez-leur (à travers votre organisation, mouvement, cellule, section, fédération et cadres du parti - secrétaires nationaux, secrétaires généraux adjoints et secrétaire général) de vous apprendre la Défiance politique. La seule arme qui permettra au pays de vous offrir des garanties pour vous occuper correctement de votre famille, de vivre en liberté et en paix, d’user de votre liberté de pensée et de parole, de vous choisir librement et démocratiquement vos dirigeants, de faire faire respecter les lois du pays ou de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la constitution.
Et ce n’est que dans ce sens que Félix et l’UDPS feront quelque chose pour vous. Comme ça, vous serez utiles au pays.
Mais si vous continuez à ne pas répondre à l’appel de l’opposition et de l’UDPS comme vous l’avez fait lors du référendum de 2005 et des élections de 2006, vous n’aurez que vos yeux pour pleurer.
Si vous ne voulez plus que vos larmes coulent, faites au moins couler vos sueurs à travers la Défiance politique. C’est en effet la seule arme qui soit capable, sans trop d’effusion de sang, de tuer la dictature par "famine politique". C’est-à-dire lui ôter les sources de son pouvoir. Tenez :
1. Le Boycott
- Le boycott des intérêts (Hôtels, flats, restaurants, magasins, boutiques, nganda, avions, bus et taxis…) des kabilistes,
- Le boycott des concerts des musiciens congolais sur le territoire du Congo,
- Le boycott des rencontres sportives (Football…),
- Le boycott des cultes religieux organisés par les kimbaguistes, les protestants ainsi que les églises dites de réveil qui roulent pour le pouvoir,
- Le refus de consommation de la bière et autres liqueurs,
- Le refus d’acheter ou louer les biens des kabilistes, et le refus de vendre ou louer vos propres biens aux kabilistes, car, leur argent à eux a une couleur, le sang des congolais.
- Le refus de payer des frais, droits, taxes et factures de la Snel, de la Regideso, de la Dgrad, de la direction des impôts.
NB : Il faut savoir se faire violence pour faire marcher les kabilistes.
2. Les Manifestations collectives ou individuelles
- Choisir un jour (et l’heure) pour le concert des casseroles, d’autres pour les sifflets, tam-tams et vuvuzelas et un autre pour rester immobile et silencieux (où que vous soyez) pendant 1 minute, de préférence pendant les heures de pointe,
- Campagne de sensibilisation patriotique auprès des policiers et des militaires,
- Recensement et publication des coordonnées des kabilistes et des agents des services de renseignement,
- Des slogans, chants, tracts, pamphlets, caricatures et peintures contre Kabila,
- Exhibition des portraits des dictateurs chassés ou tués par le peuple (Blaise Compaoré, Samuel Doe, Nicolae Ceausescu…),
- Grèves,
- Soulèvement populaire comme dernier recours.
Parce que c’est par vos bras que vous produisez les richesses du Congo que Kabila utilise pour acheter les armes qu’il retourne contre vous, faites recours aux mêmes bras pour le tuer par "famine politique".
Un peuple qui ne se bat pour ses droits n’a pas droit de se plaindre.
Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla