4 Mai 2017
| LES TEMPS DE LA FIN DE L'UDPS ? |

Tout est accompli : E.Tshisekedi a tiré sa révérence, et, avant qu'il ne soit mis en terre, les Udépessiens se sont mis à se tirer dessus.
On pourrait paraphraser Jésus et dire :"lorsque vous verrez toutes ces choses - la mort du leader, l'exclusion des uns et des autres, les guerres entre différents courants et groupes au sein de l'UDPS, les attaques externes au parti, etc. - sachez alors que la fin est proche".
Oui, elle est si proche que ces temps de deuil ne passeront pas que tout soit accompli.
Si la parole de Jésus est prophétique, celle des congolais est empirique. En effet, des nombreux exemples d'émiettement ou de disparition des partis politiques, dont ceux emblématiques du MNC de Lumumba et surtout le cas le plus récent du MPR de Mobutu ont jalonné l'histoire politique de la RD Congo. Est bien malin celui qui parviendra à démontrer le contraire sans se faire taxer de taliban ou de fanatique aveugle. Et pourtant, rien qu'à voir l'histoire de l'UDPS avec un œil objectif, un cœur non partisan et un cerveau non perturbé, il y a lieu de dire que ce parti semble bien sortir du lot.
Prenons le cas le plus récent, celui du MPR, créé par Mobutu lorsqu'il était Président de la République. Ce parti vivait de l'argent du trésor public et surtout de la force de contrainte de l'état :"Olinga, olinga te; oza na kati ya MPR". Quoi de plus normal que les militants fuient le navire et que le MPR disparaisse dès lors que son créateur Mobutu qui usait de sa force pour "MPRialiser" tout le monde a disparu.
Par contre, l'UDPS est le seul parti qui a été créé - par des prisonniers politiques - pendant que Mobutu et ses services de répression sous Ngbanda, imposaient le MPR à tous. Un parti dont l'adhésion a été libre et qui a été porté à bras-le-corps par le peuple. D'où:"Tenez bon, l'UDPS vaincra" et "le Peuple d'abord" !
S'il est vrai qu'on ne peut pas parler de l'UDPS sans voir E.Tshisekedi, il est aussi vrai qu'on ne peut pas parler d'E.Tshisekedi sans voir ce Peuple meurtri.
Ceci n'est pas une hypothèse d'école qui cherche à démontrer la transitivité de la relation entre l'UDPS et le peuple, c'est plutôt une évidence, une réalité, un fait et une complicité sans faille entre l'UDPS et le Peuple.
Si l'UDPS n'appartenait pas au peuple, il y a belle lurette qu'elle serait déjà morte :
- Son grand inspirateur, Joseph Ngalula, a été le premier à rejoindre Mobutu sans que l'UDPS n'en soit secouée.
- En 1987, avec l'Accord de Gbadolite, les autres fondateurs avaient regagné le MPR, laissant E.Tshisekedi seul sans que le parti ne tombe.
- En 1988, voulant tenir un meeting au pont Kasavubu, E.Tshisekedi fut arrêté, torturé et mis en résidence surveillée jusque le 24 avril 1990, le jour où Mobutu fut contraint de reconnaître l'UDPS comme parti politique.
- F. Birindwa dit le stratège, complotera avec Mobutu pour remplacer E. Tshisekedi au poste de 1er Ministre en mars 1993. Malgré la présence de Corneille Mulumba (on le verra plus tard à coté d'O. Kamitatu et tant d'autres.) à ses cotés, l'UDPS n'en sera pas affectée.
- Prof. Marcel Lihau. Malgré sa notoriété intellectuelle, il n'hésitera pas à solliciter les services de l'Alliance des bangala "Alliba", ce groupe tribal dont il était originaire, pour s'en prendre à E.Tshisekedi avant de quitter ce monde. Mais l'UDPS est restée debout dans ses bottes.
- Le Président F. Kibassa. Il aura beau électriser la foule et se faire appeler lion du Katanga, mais quand il quittera l'UDPS pour rallier le MPR d'abord, plus tard L.D. Kabila et enfin Kanambe, il ne partira qu'avec sa famille.
- L'absence de l'UDPS aux élections de 2006 et le départ de JB. Bomanza, de G. Dindo et de E. Bazaiba pour le MLC ont fait dire à certains que l'UDPS allait disparaître, mais rien n'y fit.
- Entre 2009 et 2011. Profitant de la maladie d'E.Tshisekedi, Beltchika et un grand nombre de cadres et de combattants, avec la complicité de la Kabilie, lancèrent une véritable guerre de conquête de l'UDPS, comme on n'en avait jamais connue. Mais face à la résistance farouche des combattants, ces gardiens du Temple, Beltchika et les siens finirent par capituler et s'en allèrent créer leur propre parti sans que l'UDPS ne tombe.
- Il fallait attendre 2014 pour voir Mubake, Kalonzo, Mpuila, Kadima Muntuntu, Kiringa, Mpoyi, Beya Saint-Exupéry... - ces anciens combattants de la guerre de 2009 qui avaient fait fausse route à Beltchika - déclencher une autre guerre de conquête de l'UDPS avec la complicité des kabilistes, Kamerhéonistes et apareConistes. Ils iront jusqu'à destituer le Président E.Tshisekedi pour le remplacer par un certain A. Kalonzo. Mal lui en pris, Kalonzo tenta d'affronter la base du parti. Il fut copieusement corrigé à Lubumbashi.
- En 2016, B. Mavungu défie les combattants en annonçant la création de son propre parti au sein même de la permanence de l'UDPS. On lui montrera la porte de la sortie et il partira en promettant de vider l'UDPS de ses membres. Rien n'y fit.
- Après avoir tout cherché sans succès du vivant d'E.Tshisekedi, B.Tshibala et V.Mubake tentent le tout pour le tout aujourd'hui.
B.Tshibala n'a pas fait 36 ans (peut-être 8) à coté d'E.Tshisekedi comme il le prétend. Il était proche de F. Kibassa avec qui il avait déjà quitté le Parti. A son retour, il fut accueilli à bras ouverts par le même Tshisekedi qu'il trahit aujourd'hui pour faire acte d'allégeance à Kanambe. Lequel lui a confié la mission de liquider l'UDPS. Quant à Valentin, il a payé cher son obsession et sa haine. Le rancunier Kabila l'a approché pour bien le snober, l'humilier, le ridiculiser, le déplumer, le punir, le réduire à sa plus simple expression et le livrer aux combattants.
Les départs de l'UDPS abondent ; mais les combattants restent les grands remparts. Vous aurez remarqué que je n'ai pas parlé d'Adrien Pongo, le tout premier Secrétaire Général de l'UDPS, ni des SG. R. Massamba et J.Shabani, ni des Professeurs Kalele et Kabeya Tshikuku, ni d'Albert Moleka, l'ancien directeur de cabinet d'E.Tshisekedi, ni de tant d'autres personnalités influentes qui quittèrent E.Tshisekedi, sans que l'UDPS ne perde un seul centimètre de son territoire.
Bana mboka, bakolo lopango,
Je vous en conjure ! Ne vous laissez pas avoir par ceux qui crient sur tous les toits que l'UDPS se vide de ses membres et que bientôt la messe de requiem sera dite !
Ces mobutistes, kabilistes, ngbandistes, kamerhéonistes et leurs collabos d'autres partis y compris l'UDPS, parce qu'il faut les citer, ne parlent pas seulement de la fin des temps de l'UDPS parce qu'ils n'ont jamais vu un parti politique congolais survivre à son fondateur, mais surtout parce qu'ils ont bien conscience de la mission leur confiée. L'extermination de l'UDPS. Mais quoi qu'ils en fassent – corrompre tous les cadres, y compris Félix et JM. Kabund, propager des bruits insensés selon lesquels on a vendu l'UDPS à Katumbi - l'UDPS ne mourra pas; ce sont plutôt les traîtres et leurs corrupteurs qui mourront. Car l'UDPS c'est plus qu'un parti politique; c'est un état d'esprit et surtout c'est un patrimoine national dont le seul gestionnaire et garant est le peuple.
A l'UDPS, on peut dire à juste titre qu' "un cadre de perdu, c'est 100 combattants de retrouvés".
Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla.