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J.P. Bemba et V. Kamerhe en route vers Canossa

J.P. BEMBA ET V. KAMERHE EN ROUTE VERS CANOSSA

(Aller à Canossa : s'humilier devant quelqu'un, céder complètement).

J.P. Bemba et V. Kamerhe en route vers CanossaJ.P. Bemba et V. Kamerhe en route vers CanossaJ.P. Bemba et V. Kamerhe en route vers Canossa

Oui, mieux vaut la fin d’une chose que son début. Mais n’oublions pas que c’est le début qui donne le sens aux moyens dont on se sert pour arriver à ses fins. Donc, les deux bouts (début et fin) se tiennent et se complètent.

 

Le début et la fin se relaient.

Y a-t-il une relation de cause à effet entre le début des carrières politiques respectives de Bemba et de Kamerhe, ainsi que leur retour à Canossa ? 
Pour cerner cette question, il faut remonter le temps jusqu’au début de leurs carrières politiques respectives et scruter les voies par lesquelles ils sont entrés. 

S'il est notoire que JP Bemba a défoncé la porte à coups de pied-de-biche, de bélier et de kalashnikov, V. Kamerhe lui, a fourbi ses armes au sein du Front des jeunes mobutistes, cette autre MOPAP (Mobilisation, propagande et animation politique du MPR) doublée de la fabrique des indics et des mouchards.

Ainsi fixé, il y a lieu d’affirmer sans hésiter et sans crainte d’être contredit que les deux, pour avoir fait leur entrée en politique par effraction, ont ainsi signé un pacte avec la délinquance politique.

 

Les pièces à conviction

D’entrée de jeu, Bemba snobe le peuple en conférence lors du Dialogue Inter-congolais. Pendant qu’il signait un deal de partage de pouvoir avec Kabila, Kamerhe huilait sa machine à fabuler. Et dans sa mythomanie, il a essayé de vendre Kabila au peuple congolais.

N’eurent été E.Tshisekedi et l’Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue Inter-congolais "ASD", Kabila et Bemba auraient mis en œuvre leurs accords exclusifs de l'hôtel Cascades et ils ne seraient donc pas rentrés à Sun City pour un accord incluant tous les partis politiques et tous les belligérants, et la RDC serait aujourd'hui balkanisée.

Non contents d'avoir loupé leur hold-up sur la république, ils ont écarté Tshisekedi de la transition au profit d'un obscur Zahidi Ngoma.

Allergique à toute contradiction, Bemba, du haut de ses 1,90 m, enfile sa tenue militaire, porte sa kalachnikov en bandoulière et barre la route aux combattants de l’UDPS. 
Leur seul péché était d’avoir exigé le respect du délai constitutionnel relatif à la durée de la transition. 
Et pendant ce temps, Kamerhe sort son "Pourquoi j’ai choisi Kabila". Une variante de "Mobutu - Dignité pour l’Afrique", de "Djalelo" et des flagorneries à la Ndjoku-Eyo-Baba. Il ne s’est pas arrêté là. On l’a vu aussi accorder des moratoires sur la double nationalité et même cocufier ses collaborateurs. 
Mais ce qui a jeté un froid dans le dos des congolais, bien qu’ils le savaient déjà menteur patenté, c’est de l’entendre dire qu’il détenait un dossier impliquant E. Tshisekedi dans un projet de balkanisation du Congo.

Puis sont venues les élections de 2006. Convaincu qu’il suffisait d’écarter Tshisekedi pour gagner les élections, Bemba s’appuiera sur Kabila. Mais ce que le colosse ne savait pas est qu'en fermant la porte de la CENI au nez de Tshisekedi, le petit Kabila lui ouvrait celle de la CPI. 

Pour combler ce vide laissé par Bemba et semer la zizanie au sein de l’opposition, personne d’autre ne pouvait mieux incarner le rôle que Kamerhe. En grande pompe, le désormais "Mopepe ya sika" faisait son entrée, par effraction (une fois de plus) dans l’Opposition, sous le regard dubitatif des congolais.
 
Et pour ajouter la confusion au doute, il déclare qu’il ne venait pas faire carrière dans l’opposition. Décidé de bousculer les codes de préséance et de bienséance, il traite E. Tshisekedi d’opposant éternel, lui pose un lapin en lui brûlant la politesse au Canada, aux USA et en Belgique. C'est l'époque des fameux faux-bonds envers Tshisekedi avant les élections de 2011.

Et en mode grenouille, tentant de se faire aussi gros que le bœuf, Kamerhe claque la porte de Fatima (ayant désigné E. Tshisekedi comme candidat commun de l’opposition), pour l’hôtel Sultani, entraînant avec lui Kengo, Kashala, Thomas Luhaka et Adam Bombole. Et comme il fallait s’y attendre, Sultani accouchera d’une souris et Kamerhe, quoi qu’ayant grossi, mais pas plus qu'un œuf dans ma main, crèvera mais sans renoncer.

Quant à Bemba, du fond de La Haye, comme atteint par le syndrome de Stockholm, il tournera le dos à l’opposition pour embrasser son bourreau (Kabila) et sa "Concertation nationale", prouvant qu’il n’était qu’un colosse aux pieds et à la tête fragiles.
 
Minables récidivistes

Bemba et Kamerhe ont certes réussi à défoncer la porte d’entrée. Mais une fois à l’intérieur rien ne se passera comme prévu. Si jusque là ils ont réussi à semer la zizanie dans l’opposition, par contre, tuer l’UDPS et détrôner son leader s’avère une mission impossible. Malgré cela, ils n'ont pas renoncé à leurs basses besognes, ils ne lâchent rien...et pour rien au monde. C'est une question de vie ou de mort ! 

Quand il fallait prêcher l’unité de l’opposition, ils ont été des grands évangélistes et prédicateurs ; mais quand il fallait aller à Genval, ils sont devenus djihadistes et lanceurs des fatwas, prétextant qu’on les amenait à Canossa, chez le petit pape Kabila. Mais la vérité est qu’ils n’ont pas voulu être éclipsés par l’aura d’E.Tshisekedi. 
S’emmêlant les jambes et tournant les talons à ce qu’ils ont autrefois défendu, ils ont perdu tout contrôle de soi. D’un coté ils saluent (hypocritement) les résolutions de Genval (qu’ils tentent de récupérer), de l’autre ils embrassent Edem Kodjo (le récusé) et Sassou Nguesso (le bourreau des rdcongolais). Qui sait si c'est peut-être sous leurs conseils, qu'ils ont créé leurs propres regroupements pour faire contrepoids  au Rassemblement !
Quand Kamerhe se vante d’avoir été investi à la tête d’une organisation comprenant plus de 40 partis (mais lesquels?), c'est donc dans sa mythomanie qu'il tente de jouer à la diversion, avec le MLC en suiveur imitateur.

 

Genval ou Kingakati

Ils ont eu à choisir entre Genval (l’aura de Tshisekedi) et Kingakati (le pouvoir et l’argent); ils ont choisi Kingakati, leur Canossa, ils y seront tous brûlés par le feu de l’aura.

 

Kâmona Kûmvua Kâmba, Tshiondo wa Mbîsha Balâla.

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